dimanche 26 février 2017

Ainsi va Laval... Regardons quelques chiffres en lien avec les comtés lavallois

L'Île de Laval contient six circonscriptions à l'Assemblée nationale. La dernière projection Qc125 donne aux Libéraux un net avantage dans ces comtés:



Nous dénombrons pour l'instant quatre comtés solidement libéraux (Fabre, Chomedey, Vimont et Mille-Îles) et deux comtés pivots où le PLQ est favori (Sainte-Rose et Laval-des-Rapides).

Cependant, les circonscriptions de Laval ont souvent agi en comtés baromètres - la raison pour laquelle Laval semble acquise aux Libéraux est simple: les Libéraux sont au pouvoir depuis 2003 - à l'exception évidemment des dix-huit mois pour le moins mouvementés de septembre 2012 à avril 2014.

Regardons les résultats de l'île de Laval depuis 1994 (avant l'élection de 2012, Laval n'avait que cinq comtés: Sainte-Rose n'existait pas encore).

  • En 1994, Jacques Parizeau et le PQ prennent le pouvoir avec 77 sièges à l'Assemblée nationale. Quatre des cinq comtés de Laval deviennent péquistes (le seul comté libéral: Thomas Mulcair dans Chomedey). PLQ 1, PQ 4.

  • En 1998, le PQ de Lucien Bouchard remporte encore quatre des cinq circonscriptions de Laval vers une victoire contre le PLQ de Jean Charest. PLQ 1PQ 4.

  • En 2003, le PLQ de Jean Charest remporte l'élection générale contre le PQ de Bernard Landry, en mettant fin au règne de 9 ans du PQ. Le PLQ avait balayé les cinq comtés lavallois. PLQ 5PQ 0.

  • En 2007, le PLQ était réduit à un gouvernement minoritaire avec l'ADQ de Mario Dumont comme opposition officielle. Le PLQ balaie les cinq comtés lavallois, en partie grâce à la déconfiture du PQ d'André Boisclair. PLQ 5PQ 0.

  • En 2008, le PLQ retourne au stade majoritaire et le PQ reprend le titre de l'opposition officielle. Encore une fois, Laval est entièrement rouge. PLQ 5PQ 0.

  • En 2012, le PQ de Pauline Marois parvient enfin à battre les Libéraux (de justesse) avec une victoire minoritaire. Le PQ remporte les comptés pivots de la figure ci-dessus: Léo Bureau-Blouin dans Laval-des-Rapides et Suzanne Proulx dans Sainte-Rose. PLQ 4PQ 2.

  • En 2014, le PLQ a de nouveau balayé l'Île de Laval en gagnant les six circonscriptions avec une marge importante (le comté le plus serré était Laval-des-rapides avec un écart de PLQ+13%). PLQ 6PQ 0.

Il est donc raisonnable d'affirmer que si le PLQ perd des sièges lavallois, sa position au gouvernement pourrait être compromise.

Jetons un coup d'oeil aux probabilités de la dernière projection.


Malgré une chute des intentions de vote estimée à 9% depuis l'élection générale de 2014, le PLQ possède une probabilité de 25% de balayer à nouveau l'île de Laval. De plus, il remporte au moins cinq de ces six sièges dans 64,3% des simulations.

Dans des scénarios plus extrêmes, le PQ peut rêver de gagner trois (4,8%) ou quatre sièges (0,6%) à Laval, mais les scénarios les plus probables lui accordent un (41,2%) ou deux sièges (22,6%). Ces comtés où le PQ est compétitif sont Laval-des-Rapides et Sainte-Rose, soit les mêmes que le PQ a remportés en 2012.

Bien installée dans la couronne nord et dans les Laurentides, la CAQ frappe aux portes de l'île de Laval, mais parvient rarement à y gagner des sièges. La CAQ ne remporte aucun comté lavallois dans 84,5% des simulations.

Il est particulièrement intéressant de regarder les résultats d'une région et de comparer la performance de chaque parti au niveau national en fonction de cette région. En effet, depuis deux décennies, les mouvements d'électeurs d'un parti à un autre sont corrélés parmi les différentes régions du Québec.

Traduction: si le PLQ balaie Laval, il gagne probablement l'élection. Sa bonne performance à Laval signifie qu'il performe probablement bien ailleurs aussi. C'était la partie du logiciel qui était le plus complexe à écrire. Et je sais pertinemment que je vais devoir la réajuster à chaque élection.

Par exemple, prenons seulement les 22,6% des simulations où le PQ remporte deux comtés lavallois. Quelle est alors la moyenne des résultats des simulations?


Surprise! En filtrant les simulations où le PQ performe bien à Laval, ce parti devient alors favori pour remporter l'élection (de justesse, mais quand même). Si le PQ performe bien à Laval, c'est qu'il a eu une bonne campagne et qu'il peut espérer accumuler des nouveaux comtés dans d'autres régions. Dans le scénario ci-dessus, la majorité des gains du PQ se font aux dépens de la CAQ.

Regardons la moyenne des 250 simulations où le PLQ balaie les six comtés de Laval:


Lorsque le PLQ remporte les six circonscriptions de Laval, en moyenne, il frôle le seuil des 63 sièges requis pour diriger un gouvernement majoritaire.

Juste pour le plaisir: regardons la moyenne des 15,5% des simulations lorsque la CAQ fait une percée à Laval (14,9% pour un comté, 0,6% pour deux comtés):

On remarque en effet que si la CAQ fait une percée à Laval, son total de sièges grimpe bien au-delà de sa moyenne de la projection. C'est clairement le PQ qui écope. En moyenne, dans ces 155 simulations, le PLQ est vainqueur d'un gouvernement minoritaire.

Je travaille sur d'autres aspects du simulateur que j'ai hâte de partager avec vous! À suivre.

Je vous souhaite un excellent dimanche! Profitez du beau temps.


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