samedi 9 septembre 2017

Les pires et meilleurs scénarios pour le Parti québécois

Le congrès du Parti québécois a lieu cette fin de semaine au Palais des Congrès de Montréal. Comme ce parti occupera la quasi-totalité de l'espace médiatique ce weekend (en politique québécoise bien sûr), j'ai cru qu'il serait intéressant d'explorer les meilleurs et les pires scénarios du Parti québécois selon les données de la dernière projection Qc125.

Voici donc ce que je vous présente aujourd'hui.

La dernière projection contient 10 000 simulations d'élections générales. Je vais prendre les 1000 meilleures et les 1000 pires simulations pour le PQ et les explorer en détail.


Commence-t-on par les meilleurs ou les pires? Quand un ami vous dit: «J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle...», désirez-vous généralement entendre la pire ou la meilleure en premier?

Allons-y d'abord avec les pires scénarios, puis ensuite les meilleurs.


Moyenne des 1000 pires simulations pour le Parti québécois


Regardons la moyenne des pires 1000 simulations du vote populaire pour le Parti québécois (avec les intervalles de confiance de 95%). Évidemment, comme les simulations ont été filtrées selon le résultat du PQ, il est normal que l'écart-type et la marge d'erreur soient beaucoup moindres pour ce parti.



Dans ces scénarios, le PLQ, la CAQ et QS surperforment tous leurs moyennes respectives de la dernière projection.

Le PLQ conserverait une avance moyenne de 3,3% sur la CAQ, ce qui ferait des Libéraux des faibles favoris pour remporter l'élection.

Le PQ tomberait abruptement avec seulement 20,7% du vote populaire - ce qui serait du jamais vu depuis la fondation de ce parti en 1968.

Québec solidaire ferait grimper ses appuis à 15,2% en moyenne.

Quelle serait alors la projection de sièges?



Dans la moyenne de ces 1000 scénarios cauchemars pour le PQ, nous aurions une vraie bataille entre le PLQ et la CAQ en tête des totaux de sièges. Les marges d'erreur sont certes importantes, mais le Québec élirait assurément son troisième gouvernement minoritaire depuis le début du présent siècle.

Libéral ou caquiste? C'est presque qu'un pile ou face.

Statistiquement, la balance du pouvoir irait au Parti québécois, mais certaines simulations donneraient aussi suffisamment de sièges à QS.

Voici la distribution régionale de la moyenne de ces cauchemars péquistes:


Les chiffres de cette figure indiquent le nombre de comtés où chaque parti est favori. Essentiellement, le PQ deviendrait un parti des régions. Les châteaux forts du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay et de la Côte-Nord formeraient la majorité du caucus péquiste.

(Cliquez sur la figure pour l'agrandir.)


Regardons maintenant les scénarios les plus optimistes pour le Parti québécois.



Moyenne des 1000 meilleures simulations pour le Parti québécois



Dans ces 1000 simulations, chacun des trois autres partis sousperforment leurs moyennes respectives de vote populaire. Le Parti québécois obtient en moyenne 25,1% du vote, soit juste sous le résultat de l'élection générale de 2014:



En termes de sièges, le Parti québécois serait de retour comme opposition officielle avec une moyenne de 39 sièges.

Oui, même avec un vote populaire inférieur à celui de la CAQ, le PQ obtiendrait (en moyenne) un total de sièges plus élevé.

Les Libéraux gardent toutefois la tête, mais seraient assurément réduits à un gouvernement minoritaire.


La distribution régionale nous informe beaucoup sur les comtés qui seront déterminants à la prochaine élection. Considérez la figure suivante:



Dans ses meilleurs scénarios, le Parti québécois arrive à freiner l'élan de la CAQ en Montérégie et dans Laurentides-Lanaudière. Sans surprise, ces sièges font toute la différence entre l'effondrement du PQ et un retour à la respectabilité.

Toutefois, regardez les totaux de sièges du PQ: dans ces 1000 simulations, le PQ serait en tête dans pas moins de 17 comtés pivots (bleu pâle). C'est considérable. Il s'agit ici d'un équilibre très fragile.

(Cliquez pour agrandir.)



En conclusion



J'aimerais d'abord rappeler aux partisans péquistes qu'il s'agit ici d'une projection si l'élection avait lieu maintenant - il ne s'agit pas d'une prédiction pour l'an prochain. J'adhère à la méthode scientifique. Donc, lorsque de nouvelles données sont disponibles, la projection s'ajuste en conséquence.

Le vent peut encore tourner - pour le meilleur et pour le pire.

Sur ce, bon samedi à tous et toutes!




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

Philippe J. Fournier is the creator of Qc125. He teaches physics and astronomy at Cégep de Saint-Laurent in Montreal. For information or media request, please write to info@Qc125.com.

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