lundi 11 septembre 2017

Les pires et meilleurs scénarios pour la Coalition Avenir Québec

Samedi, avec le congrès national du Parti québécois en branle au Palais des Congrès de Montréal, nous avons jeté un coup d’œil aux pires et meilleurs scénarios pour ce parti selon les données de la dernière projection Qc125. Nous avons filtré, parmi les 10 000 simulations effectuées, les 1000 pires et les 1000 meilleurs scénarios afin de calculer les moyennes et marges d'erreur du vote populaire, de la projection de sièges et de la distribution régionale.

Alors, pourquoi ne pas reprendre l'exercice pour les autres partis politiques?

Aujourd'hui, nous regardons quels sont les pires et meilleurs scénarios pour la Coalition Avenir Québec - toujours selon les données de la projection Qc125 du 18 août dernier.


Contrairement au Parti québécois qui a baissé significativement dans les sondages depuis l'hiver dernier, la CAQ semble avoir atteint un nouveau plateau au deuxième rang des intentions de vote. Considérez la figure suivante qui contient la progression des projections Qc125 du vote populaire:




Nous remarquons que ce n'est pas la CAQ qui a nécessairement beaucoup grimpé depuis l'hiver dernier, autant que c'est le PQ qui a régressé. Les Libéraux sont stables. Québec solidaire a certes grimpé, mais le dernier sondage Léger Marketing nous a indiqué que cette lune de miel pourrait être en train de s'estomper. Nous verrons ce qu'il en est avec le prochain sondage de la firme Mainstreet.


Sans plus tarder, regardons d'abord les pires scénarios pour la CAQ. Nous étudierons ensuite les meilleurs.


Moyenne des 1000 pires simulations pour la Coalition Avenir Québec


Les données de la projection nous indiquent que la CAQ obtient un vote populaire moyen de 27,7% avec une bonne quarantaine de sièges, ce qui serait suffisant pour lui assurer le poste d'opposition officielle et, dans environ le tiers des simulations, un gouvernement minoritaire.

Regardons la moyenne des pires 1000 simulations du vote populaire pour la Coalition Avenir Québec (avec les intervalles de confiance de 95%).

[Évidemment, comme les simulations ont été filtrées selon le résultat de la CAQ, il est normal que l'écart-type et la marge d'erreur soient bien moindres pour ce parti.]



En moyenne, dans les 10% de simulations les plus défavorables à la CAQ, elle obtient environ le quart du vote populaire avec 25,3%. Toutefois, ces simulations donnent une avance considérable aux Libéraux qui obtiendraient entre 30% et 35% du vote populaire - en route vers une victoire facile (mais pas nécessairement majoritaire comme nous le verrons plus bas).

Quelle serait alors la projection de sièges?


Toujours en moyenne, la CAQ pourrait retourner à l'Assemblée nationale comme le deuxième parti d'opposition, mais elle augmenterait tout de même son total de sièges par rapport à 2014. Les totaux de sièges sont volatils toutefois: dans l'intervalle de confiance de 95%, la CAQ obtient entre 23 et 37 sièges, alors que le PQ se trouve entre 22 et 46 sièges.

Malgré tout, les Libéraux l'emporteraient haut la main.

Voici la distribution régionale de la moyenne de ces pires scénarios caquistes:

[Les chiffres de cette figure indiquent le nombre de comtés où chaque parti est favori.]

La CAQ conserverait ses châteaux forts de la Couronne nord et du Centre du Québec. Elle partagerait la Capitale nationale avec le PLQ et l'est de la Montérégie avec le PQ.

Elle serait toutefois quasi absente hors des axes Québec-Mirabel et Lévis-Longueuil.

(Cliquez sur la figure pour l'agrandir.)


Plusieurs de ces simulations non favorables à la CAQ donnent au Parti libéral un gouvernement minoritaire fort (entre 58 et 62 sièges). Dans une telle éventualité, chacun des trois partis d'opposition détiendrait la balance du pouvoir. Oui, même Québec solidaire.


Regardons maintenant les scénarios les plus optimistes pour la Coalition Avenir Québec.



Moyenne des 1000 meilleures simulations pour la Coalition Avenir Québec



Dans ces 1000 simulations les plus optimistes pour la CAQ, chacun des trois autres partis sousperforment leurs moyennes respectives de vote populaire.

Voici les moyennes et marges d'erreur du vote populaire de ces simulations.



N'ajustez pas votre appareil, c'est bien la Coalition Avenir au Québec au sommet du vote populaire, mais attention il ne s'agit que d'une moyenne. La CAQ remporte le vote populaire dans la plupart de ces 1000 simulations, mais nous avons une quasi-égalité avec le PLQ autour de 30%.

Le Parti québécois serait le grand perdant d'un tel scénario avec à peine 22% du vote populaire.

Pour ce qui est de la projection de sièges, nous pouvons voir qu'il y aurait un clair favori pour remporter l'élection:


Avec 55,3 sièges en moyenne, la CAQ serait en position de prendre les commandes d'un gouvernement minoritaire avec le PLQ comme opposition officielle. Le Parti québécois serait décimé avec seulement 21,4 sièges en moyenne.

La distribution régionale nous informe beaucoup sur les comtés qui seront déterminants à la prochaine élection. Nous pouvons ainsi voir les scénarios victorieux les plus probables pour la CAQ.

Considérez la figure suivante:



Dans ses meilleurs scénarios, la CAQ balaie littéralement la Couronne nord, Laurentides-Lanaudière, l'est de la Montérégie, la Capitale nationale et Chaudière-Appalaches. Un vrai raz-de-marée turquoise.

Les Libéraux seraient réduits à leurs châteaux forts de Montréal, Laval et l'Outaouais. Parmi ces 1000 simulations, le PLQ parvient à peine à retenir ses comtés des Cantons de l'Est.

Pour le PQ, ce serait l'hécatombe, avec la majorité de ces sièges à plusieurs kilomètres au nord de la Capitale nationale.

(Cliquez pour agrandir.)


En regardant cette figure, il est difficile de ne pas voir une grande séparation entre l'Île de Montréal et le reste du Québec. Pourtant, même si cette différence est démographiquement évidente, elle serait unique au moins depuis le gouvernement de l'union nationale de Daniel Johnson (senior) à la fin des années 1960.

En effet, tous les gouvernements péquistes et libéraux depuis 1970 ont eu une présence significative à Montréal.

En balayant presque tous les comtés entre Québec et les banlieues de Montréal, la CAQ pourrait briser cette tendance.



En conclusion


Depuis quelques projections déjà, la projection de sièges de la CAQ est celle ayant la plus grande incertitude. Ses totaux de sièges dépendent à la fois de la performance des Libéraux à Québec et Chaudière-Appalaches et celle du Parti québécois dans le 450. De plus, plusieurs des circonscriptions où la CAQ est compétitive sont des comtés pivots (moins de 70% de probabilité de victoire).

Les candidats locaux auront une grand rôle à jouer. La « machine » du parti aussi.

La CAQ doit convaincre à la fois les nationalistes modérés du 450 et les électeurs de centre-droite de Québec de lui donner une chance. Ce grand écart semble bien performer dans les sondages, mais tiendra-t-il le coup dans l'urne?



Sur ce, bonne semaine à tous et à toute!




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

Philippe J. Fournier is the creator of Qc125. He teaches physics and astronomy at Cégep de Saint-Laurent in Montreal. For information or media request, please write to info@Qc125.com.

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