samedi 2 septembre 2017

Sous-échantillons: Montréal, Québec, Reste du Québec, Francos, Non-Francos

Il s'agit d'un adage qui revient fréquemment sur cette page: nous devons faire preuve d'une extrême prudence avec la «sur-interprétation» de sondages. En effet, un sondage unique peut mal nous renseigner si on lui donne trop d'importance, en particulier lorsqu'on le divise en sous-échantillons. En réalité, seulement une succession de sondages, étalés sur plusieurs semaines ou mois (et préférablement venant de multiples firmes professionnelles), est nécessaire pour obtenir un portrait raisonnable des sous-échantillons.

Les sous-échantillons communément utilisés par les firmes de sondages au Québec sont les suivants:

  • Montréal RMR (Région métropolitaine de recensement);
  • Québec RMR;
  • Reste du Québec;
  • Francophones;
  • Non-francophones.

Dans ce billet, nous allons explorer l'évolution des intentions de vote de ces sous-échantillons depuis le début de 2017. Comme le modèle utilise plusieurs mois de sondages pour calculer les moyennes et écarts-types, les données utilisées remontent jusqu'à l'automne 2016. (La liste des sondages est disponible sur la page de l'historique des sondages et projections.)

Les chiffres inscrits sur les graphiques représentent des moyennes pondérées selon la taille des échantillons des sondages et la date de prise de sonde. Les sondages plus récents possèdent un poids plus important dans la pondération.

Les barres verticales colorées représentent les écarts-types pondérés des données disponibles (et non nécessairement les marges d'erreur). Des barres plus larges signifient donc que les données oscillent avec de plus grandes amplitudes de sondage en sondage.

[Note: les données pour le Parti conservateur du Québec sont inscrites par des points violets, mais il n'y en a pas assez pour obtenir des moyennes fiables.]


Région métropolitaine de Montréal




Quelques observations:

  • Le Parti libéral du Québec domine l'Île de Montréal, Laval et est compétitif en Montérégie (particulièrement dans l'ouest). Toutefois, les Libéaux sont bien peu présents dans la Couronne nord et Laurentides-Lanaudière. 
  • Grâce à de forts appuis dans Lanaudière, la Couronne nord et l'est de la Montérégie, la Coalition Avenir Québec est en train de dépasser le Parti québécois dans la grande région de Montréal. Certes, les chiffres de la CAQ à Montréal ont grimpé quelque peu, mais c'est surtout ceux du PQ qui ont chuté.
  • Il y a une certaine symétrie entre la courbe du Parti québécois et celle de Québec solidaire. Il y a huit mois à peine, le PQ récoltait régulièrement entre 25% et 30% dans la région métropolitaine de Montréal. Toutefois, aucun sondage depuis le début mars 2017 ne donne au PQ un score supérieur à 25% dans la région. Le PQ semble maintenant osciller autour de 20%.
  • Québec solidaire a énormément grimpé depuis le printemps (ce parti est projeté au deuxième rang sur l'île de Montréal après le PLQ). Il reste à voir si le dernier sondage Léger, où QS chutait à 12% au niveau national (un recul de 3% depuis juin), est une fluctuation normale ou le signe d'un essoufflement. 


Région métropolitaine de Québec





Quelques observations:

  • Les chiffres de la Coalition Avenir Québec sont stables depuis près d'un an dans la grande région de Québec. En effet, la montée récente de ce parti n'est pas attribuée à une hausse d'appuis dans la Capitale, mais bien dans les autres régions de la province.
  • Le Parti libéral du Québec est toujours compétitif à Québec, mais il a clairement perdu des appuis depuis l'élection de 2014. Si une élection avait lieu maintenant, le PLQ perdrait de nombreux sièges dans la région. Sans ces sièges à Québec, une majorité libérale est mathématiquement impossible.
  • Les sondages des derniers mois n'ont pas été favorables au Parti québécois dans la région de Québec. Quatre sondages consécutifs de mai à juillet lui accordaient moins de 22% des appuis.
  • Les appuis à Québec solidaire ont grimpé quelque peu dans la capitale nationale, mais il n'y a pas de sièges solidaires en vue.
  • Québec et Chaudière-Appalaches sont les régions où le Parti conservateur du Québec performe le mieux, mais il y a très peu de données disponibles à propos de ce parti.


Le reste du Québec





Que de bruit dans ce graphique!

Alors que le PLQ domine à Montréal et que la CAQ est clairement en tête à Québec, le reste du Québec est beaucoup plus serré. Nous avons littéralement une course à trois au vote populaire, même si la CAQ semble doucement se distancer du peloton.

Quelques observations:

  • La Coalition Avenir Québec est passée de troisième à première dans les huit derniers mois. Elle semble avoir grugé des appuis à la fois aux Libéraux et au PQ.
  • Le Parti québécois a longtemps dominé les régions non urbaines du Québec, mais il a de plus en plus de compétition. La moyenne des sondages des derniers mois le place maintenant derrière la CAQ.
  • Le Parti libéral est en troisième place, mais tire quand même son épingle du jeu avec environ un quart des appuis dans le reste du Québec.
  • Après une montée spectaculaire des appuis à Québec solidaire au printemps, les deux derniers sondages (Mainstreet et Léger) montrent un certain essouflement dans le reste de la province. C'est à suivre.


Le vote francophone





Le vote francophone est un excellent indicateur des probabilités de victoire d'une élection (le PLQ a remporté le vote francophone en 2014 en route vers une écrasante victoire majoritaire). Encore une fois, nous avons une course à trois - et encore une fois, la CAQ est projetée en première place, mais les barres d'incertitudes se croisent, alors prudence.

Quelques observations:

  • À l'automne 2016 et au début de l'hiver 2017, le Parti québécois avait une confortable avance sur cette importante tranche de l'électorat, mais la Coalition Avenir Québec a dépassé le PQ depuis le mois de mai et l'écart semble se creuser.
  • Les appuis francophones au Parti libéral sont incroyablement stables. Oui, ils fluctuent d'un mois à l'autre (ce qui est tout à fait normal), mais la courbe rouge du graphique ci-dessus est étonnamment droite depuis décembre dernier.
  • De son côté, Québec solidaire semble avoir gonflé ses appuis francophones en symétrie avec la baisse du PQ. Reste à voir si cette montée sera éphémère ou pas.



Les non-francophones





Quelques observations:

  • Chez les non-francophones, les appuis au Parti libéral sont toujours aussi élevés, mais il y a clairement signe d'une légère montée de la Coalition Avenir Québec. Est-ce que les récentes déclarations du chef caquiste auprès des anglophones ont quelque chose à y voir? C'est possible.
  • Toutefois, pour l'instant, ce léger gain d'appuis chez les non-francophones ne change pas la projection de sièges du modèle. Si jamais la CAQ parvient à séduire les communautés anglophones de l'Outaouais et/ou des Cantons de l'Est, quelques circonscriptions libérales pourraient être en danger (la plus susceptible est Brome-Missisquoi).
  • Comme mentionné plus haut, les données sur les intentions de vote au Parti conservateur du Québec sont maigres, mais il semble que ce parti jouisse d'appuis plus importants, en pourcentage bien sûr, chez les non-francophones que chez les francophones. 

* * *

Je publierai des mises à jour des sondages de ces sous-échantillons régulièrement au cours des prochains mois.

Je souhaite une excellente fin de semaine à mes lecteurs et lectrices!




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

Philippe J. Fournier is the creator of Qc125. He teaches physics and astronomy at Cégep de Saint-Laurent in Montreal. For information or media request, please write to info@Qc125.com.

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