dimanche 22 octobre 2017

Projection du vote populaire en fonction de la langue maternelle par circonscription

La semaine dernière, nous avons exploré les religions, les langues maternelles et les niveaux de scolarité des Québécois et Québécoises dans les 125 circonscriptions. Ces données provenaient du recensement canadien de 2011 et ont été divisées et subdivisées dans les dossiers socio-économiques des circonscriptions par le DGEQ.

L'exercice d'aujourd'hui consiste à prendre ces données brutes et les comparer avec la dernière projection Qc125 du vote populaire (25 septembre 2017). Vous pouvez consulter les projections des 125 circonscriptions en cliquant sur les liens suivants:



Dans les graphiques ci-dessous, l'axe vertical représente la projection du vote populaire du parti indiqué. L'axe horizontal est la proportion du groupe linguistique de chaque circonscription.

Nous divisons ce billet en trois sections:

  1. Les proportions de francophones
  2. Les proportions d'anglophones
  3. Les proportions d'allophones




Projection du vote populaire en fonction de la proportion de francophones par circonscription




Comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessous, il est vrai que les appuis au PLQ descendent en fonction de la proportion de francophone par circonscription, mais cette distribution ne descend certainement pas à zéro non plus.

Avec le dernier sondage Ipsos/La Presse, la moyenne actuelle du support francophone au PLQ est juste au-dessus de 24% telle que calculée par le modèle Qc125.



Pour la Coalition Avenir Québec et le Parti québécois, cette distribution est inversée. Plus il y a d'électeurs francophones au sein d'une circonscription, plus la moyenne des appuis grimpe. Toutefois, la relation n'est pas linéaire: la CAQ et le PQ sousperforment leur moyenne respective dans quelques comtés hautement francophones (coin inférieur droit des graphiques suivants).






Pour Québec solidaire, les quelques comtés où il performe bien contiennent une proportion de francophones similaire à la moyenne nationale. Les appuis à QS au sein des circonscriptions où peu de francophones résident sont relativement stables (et juste sous la moyenne nationale).







Projection du vote populaire en fonction de la proportion d'anglophones par circonscription



Ce n'est pas une surprise, le PLQ domine l'électorat anglophone québécois (7,8% de la population du Québec) et donc plus une circonscription contient une forte proportion d'anglophones, plus le support au PLQ grimpe.



Pour la CAQ et le PQ, les graphiques sont similaires: les circonscriptions où de nombreux anglophones résident ne supportent pas ces partis en grande proportion.




Finalement, pour Québec solidaire, la distribution est plutôt stable. Les quelques comtés où QS surperforme contiennent une proportion d'anglophones près de la moyenne nationale.






Projection du vote populaire en fonction de la proportion d'allophones par circonscription



Pour ce qui est des proportions d'allophones par circonscription, les graphiques d'intentions de vote sont beaucoup plus « bruyants » qu'avec les francophones et les anglophones. Nous pouvons constater que le Parti libéral performe plutôt bien dans ces circonscriptions, mais qu'il y a aussi quelques exceptions:


Pour la CAQ et le PQ, qui sont à égalité statistique aux 3e et 4e rangs sur l'Île de Montréal où se trouvent la plupart des allophones, il n'est pas surprenant de voir les intentions de vote descendre avec la proportion d'allophones par circonscription.








En conclusion



J'attends impatiemment de nouvelles données pour mettre à jour la projection électorale. Avec l'électrochoc de la partielle dans Louis-Hébert et le remaniement ministériel qui a suivi, il se peut que les aiguilles aient bougé.

Les chiffres d'Ipsos/La Presse d'hier confirment de plus en plus l'avance de la CAQ chez l'électorat francophone et dans la région de Québec, mais ces appuis sont-ils réellement fidèles au parti de François Legault? Ou expriment-ils un grand désir de changement de l'électorat? Les réponses à ces questions ne sont évidemment pas mutuellement exclusives.


Bon dimanche à tous mes lecteurs et lectrices! Merci de votre support grandissant.




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

Philippe J. Fournier is the creator of Qc125. He teaches physics and astronomy at Cégep de Saint-Laurent in Montreal. For information or media request, please write to info@Qc125.com.


vendredi 20 octobre 2017

Nouveau sondage Ipsos: Le PLQ en tête, la CAQ mène chez les francophones

Coup de théâtre ce matin: le quotidien La Presse publie un sondage des intentions de vote des Québécois. Sauf erreur, il s'agit du premier sondage commandé par La Presse depuis le CROP de décembre 2016.

Ce sondage vient de la firme reconnue Ipsos qui a été sur le terrain du 14 au 17 octobre 2017. L'échantillon est de 1659 répondants. La méthode utilisée est une combinaison d'un panel internet et d'appels téléphoniques.

[Si Ipsos et La Presse s'associent pour publier des sondages à intervalle régulier, ça ne peut qu'être une bonne nouvelle pour ceux et celles qui étudient les mouvements de l'opinion publique. Deux firmes, c'est bien - mais trois, c'est mieux!]


Dans un article signé de la plume du journaliste Denis Lessard, nous pouvons lire que les Libéraux conservent la tête des intentions de vote, mais que cette avance est extrêmement fragile. Voici les chiffres:


Chez l'électorat francophone, le CAQ est en tête avec 32%. Le Parti québécois est deuxième avec 29%. Le PLQ tire de l'arrière avec 24%. QS retombe sur terre avec 12%.




Comment ce sondage se compare-t-il avec la dernière projection Qc125? Voici les chiffres avec les intervalles de confiance de 95%. J'ajoute le dernier sondage Mainstreet de septembre en guise de comparaison.


À l'exception de la donnée pour Québec solidaire, les chiffres Ipsos tombent tous à moins d'un écart-type de la dernière projection Qc125.

Voici la progression des moyennes pondérées des sondages depuis janvier 2017:


Et voici l'évolution des intentions de vote des francophones depuis le Nouvel An:



En conclusion


Quelques observations:

  • Le Parti libéral du Québec est encore en avance dans la région de Montréal, mais il commence à perdre des plumes ailleurs. Les Libéraux sont troisièmes dans les intentions de vote chez les francophones depuis plusieurs mois, sauf que l'écart avec ses rivaux est toujours serré... mais pas cette fois. Ipsos montre que le PLQ est 8% derrière la CAQ et 5% derrière le PQ dans cette tranche importante de l'électorat.
  • La Coalition Avenir Québec est maintenant devant (ou à égalité avec) le PQ pour le sixième mois consécutif - avec des sondages de trois firmes différentes. Ce n'est certainement plus une anomalie statistique. Premier chez les francophones dans la moyenne des sondages depuis juin, la CAQ est en train de consolider son avance dans la région de Québec. Sans Québec, ni le PLQ, ni le PQ ne peuvent devenir majoritaires.
  • Le Parti québécois se maintient dans ce sondage, mais ne progresse pas. Si la CAQ continue sa montée dans le 450, les seules circonscriptions solides péquistes se trouveront dans le Bas-Saint-Laurent, le Saguenay et la Côte-Nord. Ce sondage Ipsos est désastreux pour le PQ dans la région de Québec: 16%.
  • Finalement, Québec solidaire semble avoir terminé sa lune de miel du printemps dernier et retombe à un niveau un peu plus élevé que celui des élections de 2014. En août, Léger mesurait aussi QS à 12%. Reste à voir si Mainstreet mesurera aussi une baisse de QS dans son prochain sondage (attendu la semaine prochaine). 


Le rapport complet du sondage n'a pas été partagé encore par La Presse ou Ipsos. J'aurais plus de détails dans les prochains jours quand il sera disponible.


Bon vendredi à tous et toutes!




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

Philippe J. Fournier is the creator of Qc125. He teaches physics and astronomy at Cégep de Saint-Laurent in Montreal. For information or media request, please write to info@Qc125.com.


mercredi 18 octobre 2017

Projection du vote populaire par circonscription en fonction de l'affiliation religieuse

La semaine dernière, nous avons tracé trois cartes des 125 circonscriptions: 1) les religions, 2) les niveaux de scolarité et 3) les langues maternelles du Québec.

Aujourd'hui, nous commençons une série de billets qui reprend ces cartes et les met en relation avec la projection Qc125 du vote populaire de chaque circonscription.

Comme aucun trait identitaire unique ne parvient à définir les électeurs québécois, je crois qu'il est raisonnable - et scientifique! - de considérer toutes ces variables une à une. Afin de ne pas inonder mes lecteurs et lectrices de données et de graphiques, nous allons présenter ces nombreuses données sur plusieurs billets.


Aujourd'hui, nous jetons un coup d'oeil aux intentions de vote en fonction des affiliations religieuses par circonscription.

Afin de conserver un échantillon statistique raisonnable, nous avons divisé l'électorat en quatre groupes distincts:

  1. La proportion de catholiques (74,7% des Québécois)
  2. La proportion de chrétiens non catholiques (7,5%)
  3. La proportion de non-chrétiens (5,7%)
  4. La proportion de non-affiliés à une religion (12,1%)

La proportion de non-chrétiens contient les juifs, musulmans, bouddhistes, sikhes, hindous et autres affiliations. Cet amalgame peut sembler étrange à première vue, mais elle est nécessaire, car nous ne pouvons pas observer des tendances claires (si tendance il y a) avec un groupe religieux représentant à peine 1% ou 2% de la population (ou moins) - réparti dans une poignée de circonscriptions.


L'exercice d'aujourd'hui consiste à prendre ces données brutes et les comparer avec la dernière projection Qc125 du vote populaire (25 septembre 2017). Vous pouvez consulter les projections des 125 circonscriptions en cliquant sur les liens suivants:



Sans plus tarder, voici les graphiques.


Projection du vote populaire en fonction de la proportion de catholiques par circonscription













Projection du vote populaire en fonction de la proportion de chrétiens non catholiques par circonscription














Projection du vote populaire en fonction de la proportion de non-chrétiens par circonscription













Projection du vote populaire en fonction de la proportion de non-affiliés à une religion par circonscription














En conclusion



En ce qui a trait à l'affiliation religieuse:

  • Le Parti libéral du Québec performe mieux dans les circonscriptions où se trouvent peu catholiques, quoique certains comtés ruraux font exception. Dans les circonscriptions multiculturelles et multireligieuses de Montréal, le PLQ est massivement en tête sur ses rivaux. 
  • La Coalition Avenir Québec sousperforme auprès des non-catholiques et non-chrétiens (majoritairement aux alentours de Montréal) et ses appuis augmentent fortement dans les circonscriptions où se trouvent de nombreux catholiques. La CAQ n'a clairement pas la cote auprès des comtés où plusieurs électeurs sont sans affiliation religieuse.
  • Ces lignes que vous venez de lire sur la CAQ s'appliquent tout aussi bien au Parti québécois. Le PQ récolte le plus d'appuis dans les circonscriptions fortement catholiques (donc massivement francophones et plus rurales) qu'auprès des autres affiliations religieuses.
  • Finalement, Québec solidaire fait le plein d'appuis auprès des électeurs sans affiliation religieuse. Il performe autour de sa moyenne nationale dans les autres catégories, mais il sousperforme grandement dans les circonscriptions fortement catholiques.


Plus tard cette semaine, nous étudierons les projections du vote populaire en fonction de la langue maternelle et du niveau de scolarité par circonscription.

Bon mercredi à tous et toutes!




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

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lundi 16 octobre 2017

Mairie de Montréal: En 2013, Richard Bergeron tirait Projet Montréal vers le bas

Il y aura probablement de nouvelles données sur la course à la mairie de Montréal très bientôt et, afin de préparer une analyse plus complète, j'ai décidé d'analyser davantage les données de l'élection de la mairie de Montréal de 2013.

Il y avait quatre candidatures sérieuses en 2013: Denis Coderre et son équipe, Richard Bergeron jadis avec Projet Montréal, Mélanie Joly avec Vrai Changement pour Montréal et Marcel Côté avec Coalition Montréal.

M.Coderre a remporté le suffrage avec seulement 32,2% des voix. Au deuxième rang est venue Mélanie Joly, à l'époque une néophyte de la politique, avec 26,5%. Tout juste derrière se trouvait Richard Bergeron avec 25,5%. Finalement, loin derrière, le tandem Côté/Harel n'avait obtenu que 12,8% de voix.


Voici les résultats de la mairie de Montréal en 2013:


Ces résultats pour la mairie de Montréal à eux seuls ne racontent pas tout. Regardons le vote absolu de votes (et non le pourcentage) pour les trois premiers candidats:



Et maintenant, regardons les résultats cumulés des candidats à la mairie des 18 arrondissements de chaque équipe:



Nous remarquons que les candidats d'Équipe Denis Coderre ont obtenu, ensemble, plus de votes que leurs rivaux, mais que l'écart avec Projet Montréal est soudainement bien plus mince. (Vrai changement pour Montréal de Mélanie Joly n'a présenté des candidats que dans neuf des dix-huit arrondissements de la métropole.)

Comparons ces chiffres:



Denis Coderre a donc obtenu plus de douze mille votes de plus que les candidats de son équipe (+9,2%), indiquant qu'il était lui-même plus populaire que ses candidats.

C'est tout le contraire pour Richard Bergeron: il a obtenu plus de dix mille votes de moins que les candidats de son équipe (-7,9%). C'est une donnée révélatrice qui nous démontre que Richard Bergeron était en fait moins populaire que les candidats de son parti.



En conclusion



Plus de dix mille électeurs ont voté pour le candidat de Projet Montréal dans leurs arrondissements, mais pas pour Richard Bergeron à la mairie de Montréal? C'est une des données qui m'a incité à commander le sondage chez Recherche Mainstreet en septembre dernier (voir billet). Contrairement à ce que plusieurs observateurs semblaient penser, les chiffres m'indiquaient que la course à la mairie serait beaucoup plus serrée que plusieurs l'auraient cru.

N'oublions pas que Denis Coderre n'a remporté que 32% des suffrages en 2013. Avec un candidat à la mairie plus charismatique en 2013, Projet Montréal aurait pu remporter la mairie de Montréal. Car oui, Richard Bergeron tirait son parti vers le bas.

Je crois que nous avons une vraie course. J'espère que les citoyens y porteront attention.

J'ai hâte au prochain sondage!

Bonne semaine à tous et toutes.




Philippe J. Fournier est le créateur de Qc125. Il est professeur de physique et d'astronomie au Cégep de Saint-Laurent à Montréal. Pour toute information ou pour une demande d'entrevue médiatique, écrivez à info@Qc125.com.

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